lundi 10 décembre 2007

Les coupons-réponse internationaux

Un coupon-réponse est une formule postale ayant valeur d’échange contre un affranchissement à destination du pays d’origine auprès d’administrations postales étrangères. Il est destiné à payer aux correspondants résidant dans un pays étranger le port d’une lettre ordinaire jusqu’à 10gr expédiée par avion à destination de la zone pour laquelle la surtaxe aérienne est la plus élevée (zone 4 – Océanie).

Le coupon-réponse a été créé pour répondre à un besoin simple : payer d’avance, depuis son pays, l’affranchissement dans un pays étranger (pour payer les frais de port d’un correspondant, par exemple). En 1906, la Poste anglaise propose de créer un document postal officiel qui pourrait être vendu dans tous les bureaux de poste des pays membres de l’UPU (Union Postale Universelle). Le 1er octobre 1907, 63 Etats de l’UPU, signataires de l’accord, diffusent officiellement des coupons-réponse internationaux.


Lors de la vente du coupon-réponse, le bureau de poste vendeur devait apposer un cachet d’oblitération sur la partie gauche du coupon. Lors de l’échange du coupon-réponse contre un timbre-poste, le bureau de poste « échangeur » devait l’oblitérer sur la partie droite.



Il a existé, en cent ans, différents modèles :


- Roma : 1.10.1907 – 09.1925



- Stockholm : 01.10.1925 – 06.1930



- Londres : 01.07.1930 – 12.1964



- Vienne : 01.1966 – 12.1974



- Lausanne : 01.01.1975 – 2002


- Beijing I : 01.01.2002 – 2006


- Beijing II : 01.07.2006 – 31.12.2009



Il existe d’autres types de coupons-réponse mais qui n’ont eu cours, non pas internationalement, mais dans une zone limitée de pays (ex : Commonwealth, DOM-TOM-Andorre-Monaco, etc.).

Aujourd’hui, 121 Etats utilisent encore le coupon-réponse (sur 191 pays membres de l’UPU).



Sources : Cent ans de coupons-réponse 1907-2007, A. Hurtré, L’Echo de la Timbrologie, Novembre 2007.

samedi 8 décembre 2007

Les pneumatiques

La poste pneumatique est un système d'acheminement rapide du courrier dans des « curseurs » circulant dans des tubes pressurisés. Des systèmes de poste pneumatique ont été employés dans plusieurs grandes villes à partir de la deuxième moitié du XIXè Siècle (le premier étant à Londres en 1853) mais ont été largement abandonnés au XXè.

En 1866, un réseau de tubes pneumatiques fut construit à Paris. Au départ réservé au courrier officiel et administratif, il fut ouvert au public en 1879. Il fut étendu progressivement à l’ensemble des arrondissements de Paris puis de nouveaux bureaux furent créés en fonction des besoins. Le réseau pneumatique de Paris ferma le 30 mars 1984.


Voici deux documents.


Le premier est une carte pneumatique oblitérée en 1932.

La carte pneumatique est considérée comme un entier postal. En effet, le timbre était déjà apposé dessus. Sur le « timbre », on peut voir en bas le mot ‘Télégraphe’, ce qui est explicable par le fait qu’au départ, la correspondance pneumatique est un télégramme, d’où son rattachement au service télégraphique et non postal. Cette carte était valable pour circuler à Paris. Elle a été postée rue Taitbout au bureau n°22. Sur le cachet est écrit Paris 22 – R. Taitbout. Le bureau n°22 était un bureau télégraphique. Le destinataire est à l’hôpital militaire du Val de Grâce dans le 5ème. Le préposé a écrit 38 en grand et en bleu, ce qui indique que la carte est destinée au bureau n°38 qui était également un bureau télégraphique sis au 90 rue Claude Bernard.





Le deuxième document est une enveloppe où est écrit, à la main, ‘Pneumatique’. La lettre a été postée en 1929 du bureau 119, bureau télégraphique situé au 97 boulevard Richard Lenoir. Elle est à destination du 36 bis rue de Dunkerque, Paris 10ème. Le préposé aux postes a écrit le chiffre 26, en grand et en bleu, pour indiquer le bureau destinataire. Le bureau 26, également appelé bureau E, est un bureau télégraphique centre de forces situé à la gare de l’Est. La lettre est affranchie à 1F50, le tarif en vigueur alors.







Source : The Pneumatic Post of Paris – J.D. Hayhurst.


Pour en savoir -beaucoup- plus : Le réseau avant l’heure : la Poste pneumatique à Paris (1866-1984), A-L Cermak et E. Le Briand, Les cahiers pour l’histoire de la Poste (cahier n°6).

mercredi 5 décembre 2007

Les imprimés

Un imprimé est une correspondance qui est imprimée. Elle bénéficie d’un tarif postal réduit à condition de ne comporter aucune inscription manuscrite et de ne pas avoir de caractère personnel.


Nous avons ci-dessous un document qui provient du Greffe du Tribunal de Commerce de Paris et qui date du 6 juillet 1869.





L’en-tête est un avis pour la production des Titres. Il demande au négociant en vins Bellet de « déposer dans un délai de 20 jours [à compter du 6.7.1869] [ses] titres de créances avec un bordereau sur papier timbré indicatif des sommes [qu’il a] à réclamer » « en sa qualité de créancier de la faillite du Sr Desdames ». Tout ceci se trouve au verso de la lettre.



Dans le cachet, on peut voir quatre mentions :

- la date : 6 juillet 69

- la ville : Paris

- PP24 : PP indique que le port a été payé d’avance, 24 est un numéro interne à la Poste destiné à identifier l’employé

- Imprimés.



Cette lettre n’est pas affranchie par un timbre mais est munie néanmoins d’une oblitération. Le timbre à date oblitérant est rouge et indique que le port a été payé d’avance, le cachet est de type 2807 avec bloc dateur. La lettre a été bien reçue le 7 juillet 1869 au bureau de Bercy.





Plus tard, il n'existait plus de cachet oblitérant rouge mais, pour bénéficier du tarif imprimés, il fallait écrire la mention 'imprimés' sur l'enveloppe.



Voici une enveloppe postée le 20 mai 1950 à 18h15, rue Bleue à Paris, par J. Scheps à destination de New York (NY) aux Etats-Unis.




Le tarif, du 6 janvier 1949 au 30 juin 1957 était de 5 francs pour les imprimés de moins de 20 gr. Cette enveloppe a été affranchie de deux timbres de 2 F et 3 F, timbres de 1944.



Sources : Le Patrimoine du Timbre-Poste Français de J-F Brun, Paris – Oblitérations de Pothion, le site L’Etoile et Chiffres, Tables of French Postal Rates - D. Richardson.

mardi 4 décembre 2007

Timbre fiscal - Série unifiée

Le 9 juillet 1925, les timbres fiscaux sectoriels (sauf les timbres de dimension, de connaissements, d’impôt sur le revenu, de passeports, de rôles d’équipages et de spécialités pharmaceutiques) ont cessé d’exister et ont été remplacés par la « série fiscale unifiée ». Ces timbres fiscaux ont encore cours de nos jours.



Ci-dessous, nous pouvons voir une quittance de loyer qui date du 30 septembre 1935. Monsieur Crouzot, propriétaire d’un appartement au 2 rue St Jacques à Marseille, le loue à Monsieur Daher pendant six mois (30.09.1935 – 29.03-1936). La quittance est entre deux particuliers, et elle est taxée d’ 1 F 50.



Les timbres ci-dessus sont de 1 F et de 50 c. Ils ont été émis en 1935 et sont au type "médaillon de Daussy".

Avant 1925, les timbres auraient été des timbres de quittance. Dorénavant, ils sont ordinaires.




Source : Catalogue YT-SFPF de 2004.


lundi 3 décembre 2007

Timbre de Service

Un timbre de service est un timbre utilisé par des administrations ou des organismes (comme l’Unesco ou le Conseil de l’Europe par exemple).




Ci-dessous, nous pouvons voir une fiche de contrôle datant de 1946.




En 1946, la France sortait à peine de la guerre, et l’approvisionnement pouvait manquer. Pour éviter cette situation, un Service du Ravitaillement Général fut créé.


Les cartes d’alimentation, qui étaient déjà en vigueur durant la Seconde Guerre Mondiale, furent de nouveau en service. Pour éviter des fraudes, il fut décidé que chaque personne devait remplir une « fiche de contrôle » et la remettre à la mairie de son lieu de naissance, celle-ci devant alors lui donner en échange une carte d’alimentation. Si la personne n’habitait dans la ville où elle était née, il fut décidé qu’elle devait remettre sa fiche à la mairie de son domicile, à charge pour cette mairie d’envoyer la fiche de contrôle à la mairie du lieu de naissance.


Ces fiches de contrôle n’ont pas bénéficié de la franchise postale, mais il fut décidé de l’émission d’un timbre avec la mention « Ravitaillement général - Affranchissement en compte avec l’Administration des Postes » qui permit au Service du Ravitaillement Général de ne payer que les fiches de contrôle qui transitèrent réellement par la Poste.







Sources : le blog de Gabriel (article 29.10.05 - 15.21) et Dallay.

mercredi 21 novembre 2007

Figurines fiscales de cours d’instruction

Ces figurines ont été émises depuis les années 1890 par les écoles de secrétariat (appelées à ce moment-là « écoles de commerce ») pour entraîner leurs élèves aux activités d’affranchissement du courrier et surtout des différents documents fiscaux. Elles ne sont pas de véritables timbres.




Ci-dessous, nous avons deux timbres détachés et un document :


Le premier timbre est de l’Ecole Pratique de Commerce – Paris. Sa valeur (fictive) est de 10 cts, pour des effets de commerce de 100 à 200 F. C’est une figurine imitant les émissions de Tasset avec médaillon ‘Mercure de face’.



Le deuxième timbre est de l’Ecole Pigier, avec la mention en rouge ‘Annulé’. La légende est ‘Quittances 100 F et au-dessous’ et valeur (fictive) est de 25 cts. C’est également une figurine imitant les émissions de Tasset avec médaillon ‘Mercure de face’.




Le document est un reçu (fictif) en date du 5 janvier 1947 de la somme de 1984,75 F de la part de M. Guilbert-Latom.



C’est également une figurine imitant les émissions de Tasset avec médaillon ‘Mercure de face’ des Cours Pratiques de Commerce – Paris, avec comme valeur 2 F et la mention Spécimen.



Source : Catalogue des Timbres Fiscaux Locaux et Spéciaux de France et de Monaco

Timbres Spéciaux Semi-Privés (Fiscaux)

Par définition, les timbres fiscaux, étant destinés à lever un impôt ou une taxe, ne peuvent être privés. Pourtant, il en est quelques uns que l'on peut qualifier de "semi-privés" :


- Les droits sur les transactions boursières par les Agents de Change de Bordeaux (1864) et de Nantes (1869-1878).


- Les droits sur les billets de la Compagnie des Wagons-Lits (1877-1898).


- Les timbres des théâtres : il en existe deux sortes.

Les timbres qui sont des vignettes représentatives du Droit des Pauvres perçu au profit de l’Assistance Publique. Il y est écrit en légende « Un décime par franc en sus du prix de chaque billet (Loi du 7 Frimaire An V) ». Ils ont eu cours de 1909 à 1914.


Les timbres qui ont pour mention SACD. Ils ont été émis en vue de percevoir une taxe sur les droits d’auteurs des membres de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques sur les places de Théâtre. Ils ont été imprimés de 1951 à 1973.



Source : Wikipedia et le Catalogue des Timbres Fiscaux Locaux et Spéciaux de France et de Monaco